Dans la clinique il y a...Les euthanasies...
2 trucs que je n'aime pas dans ce métier : gratter les croûtes, et les euthanasies. On a beau passer 6 ans d'études à blaguer à ce propos, à jouer avec les organes/cadavres en anat ou en salle d'autops, au fond ça ne fait pas rigoler du tout.Il existe 2 types d'euthanasies : les euthanasies "de convenance" et les euthanasies "par nécessité médicale".
Les euthanasies de convenance, ce sont celles qui sont demandés par le proprio sur un animal qui n'est pas ou peu malade, soit parce que les vacances arrivent, soit parce que le chien a 15 ans et ne présente toujours pas de signes évidents de vieillesse et le proprio trouve le temps long, soit parce qu'au contraire il commence à être malade et le proprio ne veut pas (s')investir pour son animal (cas du chien diabétique qui pourrait vivre en super forme 4 ans de plus avec des injections d'insuline biquotidienne, pas pour si cher que ça) à se demander pourquoi ils ont pris un animal! Bref, dans ces moments là tu te sens comme un marchand d'électroménager, "ça marche plus ou c'est contraignant, merci de me débarrasser de ce poids"... C'est vraiment horrible. D'abord et avant tout parce que quelque part j'ai fait ce métier pour les bestioles, et tuer des animaux qui auraient pu vivre quelques années de plus dans une autre famille plus aimante c'est frustrant. En même temps, il y a l'aspect "le client est roi", et puis imaginer papy-chien se prendre un coup de fusil (dans le meilleur des cas) parce qu'on n'a pas voulu l'euthanasier c'est énervant aussi... Alors voilà, dans ces cas-là je caresse en attendant que l'anesthésie fasse effet, je m'excuse auprès de l'animal de la situation, je fais mon intra-cardiaque de Doléthal et j'essaie de refermer la porte du congelateur sur mes remords.
Après il y a les euthanasies par necessité médicale, ce sont celles où le cas est desespéré, par exemple dernièrement le cas de Doudou, chat de 14 ans et 7 mois qui n'allait pas très bien, et il pouvait parce que sa radio pulmonaire n'était qu'un champ de boules de neige (métastases), ou encore le chat écrasé pas identifié qui a les tripes à l'air mais qui vit encore... Et là, c'est horrible aussi, parce que même si je suis convaincue qu'il vaut mieux qu'ils s'endorment plus ou moins tranquillement que d'attendre qu'ils meurent de douleur/étouffé/etc, j'ai pas fait ce métier pour poser des diagnostics sans appels, moi je veux "sauver des vies", un peu prétentieux certes, mais au moins repousser l'échéance de quelques semaines ou quelques mois. Et puis en plus, ça tombe toujours sur des proprios adorables, qui vont au bout du bout, et qui t'ammènent l'animal avec l'espoir que tu dises "rassurez-vous, on va le guérir". Et dans ces cas là, il faut en plus gérer la tristesse incommensurable des gens, compatir, être la seule personne qui peut les comprendre (parce que paraît-il que pleurer un ami intime à 4 pattes de 15 ans c'est pas politiquement correct, alors qu'on est sensé être triste pour le vieux cousin germain décédé qu'on voyait 1 fois par an an), et réussir à passer à la consultation suivante avec le sourire...
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