souffrance au travail

Publié le par lo

Bon je n'ai touché du doigt le problème que très (trop) tardivement avec le suicide de mon père, ayant la chance incroyable de faire le métier que j'aime et dans une micro entreprise sans DRH, plan de management et autre plan de rentabilité.

Dans ma grande naïveté, je n'ai pas vu à temps que certaines grandes entreprises étaient capables de briser dans tous les sens du terme la vie de leurs salariés avec une obstination et surtout une impunité incroyable.

 

Le peu de suicides ou de dépressions reconnus comme accident du travail est hallucinant, pour avoir eu la chance de rencontrer le Dr Font Le Bret (éminence médical du sujet), la bataille qui attend les salariés et les familles est titanesque, et en gros même si vous vous suicidez sur le site de votre entreprise, avec une lettre accusant ouvertement le management, les avocats de l'entreprise trouve toujours une raison personnelle ("il était divorcé", "il avait des problèmes d'alcool" etc) pour invalider la procédure. Regardez combien de temps il a fallut pour les familles de 2 suicidés du technocentre de Renault pour obtenir gain de cause alors que ces malheureux "remplissaient" objectivement les conditions recquises à la reconnaissance de la  grande part de  responsabilité de l'entreprise dans leur mort... Autant vous dire que tous les autres (familles ou salariés en souffrance) ont perdu d'avance, et cette frustration s'ajoute à la sensation de ne "rien pouvoir faire".

 

Ce matin, théma rediffusé sur arte sur le sujet...

 

je ne peux que vous encourager vivement à voir ces documentaires!!

 

"France telecom, malade à en mourir", "dopés au travail", "télécoms, le grand chambardement", on s'en fous que ce soit sur les télécoms, ce qui est dit est calcable sur bien d'autres entreprises (celle de mon père, par exemple...).

 

Un film documentaire aussi sur le sujet "ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés" à vous conseiller.

 

C'était la touche "soyons sérieux" de cette matinée .

 

 

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Falagar 02/12/2010 11:14



deux des profs du lycée au j'étais se sont suicidés. L'un quand j'y étais scolarisée, ça a été un grand choc, d'autant plus que l'administration avait laissé entendre qu'il se droguait. Vrai ou
faux, cette allégation était inadmissible.


Plusieurs année plus tard mon prof d'anglais après moulte dépression s'est suicidé. Il avait été à son époque le plus jeune agrégé d'anglais de France. Un type brillant qui n'avait rien à faire
dans un lycée.


 


Mais en reagrd de tout cale, je ne crois pas que ce soit les conditions de travail qui suicident , mais bien le caractère de la personne liée à l'éducation qu'il a reçu enfant. Bon je ne suis pas
psy mais lisait Alice Miller, ce n'est pas mal.



Camille 28/11/2010 12:13



Les agriculteurs sont parmis les plus touchés : plus d'un suicide par jour.


Mais personne n'en parle non plus....



Hermione 27/11/2010 21:02



Dans mon métier, c'est-à-dire prof, le nombre de suicides est élevé, et personne n'en parle. Je connais deux collègues qui se sont suicidés ces 3 dernières années. Pas au travail, mais les deux
travaillaient dans le même établissement. Et tout le monde s'en fout.



OlivierNK 26/11/2010 21:58



Chez France Telecom, au moment où la presse bruissait des suicides ( de la mode des suicides disait son P-DG), une employée est paraît-il allée demander une augmentation sous la menace de se
suicider sur le lieu de travail et elle l'aurait eue. En fait, ça permettrait de rentabiliser son suicide: la larve qui a raté sa vie, endettée jusqu'au coup, plutôt que de laisser
couler sa famille n'aurait qu'à se flinguer sur son lieu de travail avec une lettre circonstanciée et pleurnicheuse, et hop: Jackpot! Les assurances finissent de payer le crédit de la Maison
Bouygues à Marne la coquette, tandis que l'entreprise paie une rente à vie au fils mongolien et à la veuve joyeuse. Bon, ça risque de ruiner la boîte si ce n'est pas FT ou une entreprise d'Etat
où y'a toujours des contribuables pour payer - et provoquer en retour les suicides des chomeurs sur le carreau-, mais le gazier part avec le rictus du devoir accompli.