déni

Publié le par lo

L'ASV fait rentrer le couple, le faisant passer devant des clients arrivés avant : devant mon regard interrogateur, elle me lance un "le chat ne va pas bien".

 

Bon selon le code, ça veut dire que la bestiole est vraiment dans un état urgent.

 

Je fais signe aux gens de déposer le chat, soigneusement emballé dans une serviette éponge, sur la table.

 

Je déballe délicatement l'animal, et je découvre un chat littéralement moribond. D'une maigreur extrême, luttant pour chaque respiration, évidemment en décubitus latéral (nota pour les "jeunes" : un chat en décubitus latéral, si c'est sans anesthésie, c'est grave!).

 

Je les regarde, je ne comprends pas bien : j'ai bien vu que ce n'est pas un accident, le chat est dans cet état après l'évolution lente mais sûre d'une maladie chronique (genre insuffisance rénale).

 

Le monsieur danse d'un pied sur l'autre, et soudain me tend brusquement une boite d'anti-parasitaire externe (pour chat, hein, pas de la perméthrine) qu'il cachait à moitié derrière son dos, et me lance "je lui en ai mis une hier, c'est à cause de ça?!" sur un ton anxieux d'avoir fait une bêtise et provoqué la fin de son animal.

 

L'anti-parasitaire n'y étant évidemment pour rien, je le lui dit, et lui demande droit dans les yeux pour arrêter ce qui ressemble à une mascarade : "mais depuis combien de temps il ne mange plus?!"

 

"si, si, il mange"

 

j'insiste : "il ne mange pas BIEN depuis combien de temps?"

 

"c'est vrai qu'il mange moins, mais hier encore il a mangé!"

 

Là, les bras me tombent : je réalise que mes interlocuteurs sont à 200km d'avoir conscience de l'état du chat.

 

Je regarde à nouveau le petit sac d'os agonisant, et je décide d'accélérer un peu le truc, en assénant la vérité, espérant les secouer un peu : "mais il est en train de mourir votre chat. Je ne peux rien faire, c'est la fin. On peut juste l'aider à ce que ça aille plus vite."

 

L'effet est au delà de mes espérances : je vois le monsieur fondre en larmes, toujours avec la main crispée sur sa boîte d'anti-puces, entre deux sanglots "mais c'est sûr c'est pas les vers?"...

 

J'ai euthanasié le chat, et je suis toujours stupéfaite du déni total de la mort dans lequel était ces gens. Aussi incroyable que cela puisse paraître, ils ont amené un animal quasi mort (honnêtement, une heure de plus...) sans le voir.

 

Publié dans Real-life au boulot

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leo 22/12/2010 23:45



Bonsoir,


J'en ai un, pire encore... en tout cas encore plus impressionnant : une femme et son mari arrive avec un chat que je découvre sur la table, la face littéralement coupée... je pense au départ à un
accrochage avec une voiture tant la face semble coupée nette... ils m'expliquent l'air de rien que le chat a eu un bouton au départ sur le nez et que ça s'est amplifié au fil du temps... je peine
à réaliser qu'ils me parlent d'un cancer de la face, arrivé à ce stade (en combien de temps ?!!!) le chat pue la putréfaction, la face est purulente, il peine à respirer, a les dents à l'air, un
oeil qui pendouille et je passe sur d'autres détails trop sordides (j'en ai déjà dit bp..). Là, la dame me dit "c'est le chat de ma mère, elle voulait pas le tuer elle l'aime trop et elle
préferait qu'il meure de mort naturelle". Ce jour là, j'ai dit à mon ami (c'est lui qui est véto, pas moi je précise) "je me demande, entre les abrutis qui vise les chiens en voiture (je vis dans
un DOM, et oui c'est encore d'actualité) et ceux qui les "aime trop" lesquels me font le plus froid dans le dos. Je ne comprends même pas comment ce chat arrivait encore à vivre, je ne comprends
pas qu'on puisse laisser un animal dans un état pareil... et imaginer qu'elle arrivait à vivre avec chez elle, dans son salon, ce chat, depuis des mois... je comprends votre post et vos
interrogations sur cet "aveuglement".



arthely 19/11/2010 21:51



c'etait un des éléments de la prise de sang la t4... ras


pour le coeur : autre racontage de vie... je lui avais parlé du coeur de mon cheval (qui va bien, mais pour lequel on m'a aussi fait flipper...) du coup elle m'a fait écouté celui de Tounette
histoire que j'aie écouté le coeur de (presque) toute la tribu en moins de 3 jours... ras


 


pour les croquettes... chachat noir est au regime depuis le debut de l'année. on a changé celles des 2 autrres en meme temps, pour prendre des croquettes un peu moins grasses trouvée en
allemagne. chachat noir grossit... miaouss est juste tres tres beau (mais lui c'est pas le genre a se faire vider la gamelle... plus à vider celles des autres si il le faut)... ça colle qd meme
pas mal...


 



lo 21/11/2010 17:22



cool pour la T4!! Ta véto fait donc partie de ceux qui n'oublie pas l'HT chez les vieux chats... ;-)!!


Pour la bouffe, c'est clair que gérer un troupeau de chats aux besoins différents relève du casse-tête!



arthely 18/11/2010 22:31



lo!!! ton article m'a bien fait flippé ces derniers jours!!!!


en mode racontage de vie... qq temps ( pas tres vieux, hein!) après la lecture de cet article, ma "vieille" minette de 13 ans (deja 13 ans depuis dimanche que je suis allée la chercher parmi ss
frères et soeurs... c'est affolant!) me pose soucis : vomissements le plus souvent bilieux mais pas que..., amaigrissement, perte de poils, MAIS appétit conservé voire un peu augmenté, humeur
ronchon... mais chez elle ce n'est pas inhabituelle, taquine tout de meme (et vas-y que je e file entre les pattes et je me faufile partout ou j'ai pas le droit d'aller...). bref... son age, ma
hantise pathologique de laisser passer un truc grave pour tout etre vivant partageant mon quotidien et une partie des symptomes m'ont fait craindre l'insuf rénale...


je prends rdv chez mon véto préféré version chat-chien...


il n'etait pas là, c'etait sa jeune (au sens qu'elle est là depuis peu, ils doivent avoir le meme age autrement) collègue qui consultait à la clinique. -800g en un peu moins d'un an... rien
d'autre à la clinique. Bio complètement normale, hormis l'urée un peu basse. Normale me dit la véto, elle ne mange pas... ben si me dis-je intérieurement, avant de continuer la discussion sur la
conduite à tenir et l'absence parait il de traitment de l'ulcère chez le chat...  et de perdre le fil de ma protestation


en rentrant à la maison, moitié soulagée, parce que spectre tout de meme de la tumeur... tout à coup la phrase "normale, elle ne mange pas" se met à tourner encore et encore...


et si elle ne mangeait pas en fait??? et si gros Chachat noir qu est au régime avec des croquettes spéciales sans perdre un micro gramme lui vidait son assiette???? ça expliquerait que je ne
puisse pas m'installer pour grignoter un truc sans qu'elle ne se mette à squatter...


depuis, elle a un regime de faveur : croquettes spécial mamie RC, en cachette des 2 autres,  2 fois par jour en plus des 2 repas réglmentaires... pas de vomissement depuis 1 bonne semaine,
plus de touffes de poils perdues...


oufffff... jusqu'à la prochaine...



lo 19/11/2010 07:49



bon sans vouloir passer pour une obsedée, ton véto t'a t'il parlé de dosage de T4?! L'auscultation cardiaque est-elle normale (sinon prend ton stétho côté
pédiatrique et cherche un bruit de galop ou un souffle)?


Parce que chez moi, un chat "de-plus-de-8-ans-qui-mange-qui-maigrit-quand-même-qui-reste-actif-qui-a-des-troubles-dig-poil-devenus-moches", ça clignote en rouge fluo
"Hyperthyroïdie"...


Très bien pour le changement de croquettes, mais si tu réflechis, est-ce que les troubles digestifs ont vraiment commencés quand Groschat a été mis au régime?


bref, si je peux te conseiller un truc, retourne chez ton véto et dépense encore 25-30€ pour faire un dosage T4... Et si c'est normal, tant mieux!



Sonia 22/10/2010 12:53



Bonjour,


 


Cette histoire m'a renvoyée à ce que j'ai vécu avec mon propre chat, et vu l'impact, je suis encore sous le coup de la culpabilité...


Gandalf avait 16 ans quand il m'a fait une crise : vomissement, diarrhées, perte ttale d'appétit pendant quelques jours. Au même moment le chien me faisait une gastro, j'ai cru (ou voulu croire)
qu'il souffrait de la même chose. Pourquoi avoir amené le chien chez le véto et pas le chat ? Parce que le chien avait 1 an, le chat 16 et qu'il doit me rester un atavisme paysan quelque part,
parce que le chien marche, que le chat savait ouvrir la porte de sa cage et que je n'ai pas le permis, parce que j'étais divorcée, 2 enfants, pas un rond ? Cochez les cases que vous voulez,
c'était un peu tout ça à la fois. Je crois que dans ma tête j'étais préparée à accepter sa fin de vie, tout simplement.


Quand il s'est mis en boule dans le placard, j'ai continué à lui parler, lui faire des calins, je lui mouillais le museau pour l'hydrater. 2 jours plus tard il ens ortait, amaigri, un peu
tremblant sur ses pattes, pour aller boire de lui-même dans sa gamelle et manger quelques croquettes. Il a repris du poil de la bête, retrouvé un appétit normal mais pas le poids qu'il avait
perdu.


Quelques mois plus tard, re vomissement. Mon copain étant présent, avec sa voiture, je l'ai emmené chez le véto. Prise de sang, j'apprends qu'il est en IRC grave. Vu l'état et l'âge, on ne me
propose ni perf ni médicament, juste des boites et croquettes pour IRC. Et nous avons conitnué notre petit bonhomme de chemion, avec mon chat vieillissant. Un an plus tard, visite de contrôle. Je
réalise la gravité de son état  à la réaction du véto "Mais il est encore en vie ??! Je le croyais mort depuis longtemps..." Il explose les plafonds, vit au ralenti. Seul conseil du véto
pour mon voleur de poubelle : le laisser manger autre chose que les croquettes insipides, histoire qu'il parte heureux.


 


Et là, mauvais timing. Parce qu'il a eu le droit de se taper la carcasse d'une caille (et il s'est régalé mon matou). Mais dans le même temps, je me faisais poser un stérilet et surtout, surtout,
je rejetais complètement ce bidule en plastique : contractions ultra violente pendant des jours, consultation aux urgences, shootée aux anti douleurs. Mon chat a sombré doucement, de plus en plus
amorphe. J'ai du repoussé la visite chez le véto (= euthanasie) parce que je ne tenais pas moi-même debout. Au bout d'une semaine, RDV chez la gynéco qui m'enlève un bout de plastique que mon
utérus avait tordu. Le soir même, nous décidons d'emmener Gandalf pour son dernier voyage. C'est quand je le soulève pour le mettre dans sa cage de transport que je réalise qu'il ne dort pas mais
qu'il est dans le coma, il ne tient plus debout, a les yeux semi ouverts, sans réaction. Nous l'emmenons tel quel. Je le caresse, je lui parle, je lui demande pardon. Il est mort dans la salle
d'attente (et j'ai pris comme un cadeau de sa part le fait de m'épargner cette piqûre)


Aujourd'hui j'ai une bull terrier de 2 ans, IRC, polykystose. D'après un néphrologue réputé l'espérance de vie maximale est de 3 ans sur cette pathologie. Et j'ai peur de louper le coche, de la
laisser trop souffrir sans m'en rendre compte (ça exprime pas trop la douleur le bull...). J'ai peur de commettre 2 fois la même erreur, même si je sais que j'avais des circonstances atténuantes


 


(désolée pour le roman)



lo 25/10/2010 06:39



C'est sûr que prendre une décision d'euthanasie n'est pas facile...



arthely 15/10/2010 23:20



qd je lis vos commentaires... non vraiment, c'est un "pouvoir" que je ne vous envie pas...


de mon coté, je ne voies pas moins de noirceur dans certaines "ames"... encore hier, j'ai découvert une ptite dame tres agée abandonnée par sa famille qui est partie à plus de 500km et qui ne
donne quasi pas de nouvelles, qui "attend"... manque de bol, la ptite dame à 2 voisines du tonerre qui font qu'elle se maintient... elle ne les fait pas trop ses 90 balais... on va faire en sorte
que ça dure!!!



lo 20/10/2010 08:56



C'est clair que le pouvoir de donner la mort est parfois lourdingue... C'est d'ailleurs pour ça que paradoxalement je suis contre l'euthanasie humaine : comment
faire vivre à un humain de décider de tuer un autre humain (proche de préférence)? Et petite pensée aux soignants qui auraient à le faire, bonjour les noeuds au cerveau!


Donc je préfère la situation actuelle, et le travail de Léonetti pour que la fin de vie soit digne (ce qui n'est malheureusement pas le cas dans tous les services
hospitaliers, les 2-3 services palliatifs à la pointe devraient être une généralité) et au maximum sans souffrances.


Il y a une différence entre bourrer de morphine ou de je ne sais quel produit anti-douleur quelqu'un, au risque qu'il ne se réveille pas, et lui injecter un produit
euthanasiant.


Bon c'est peut-être un peu naïf, je ne suis pas du milieu, et je suis sûre qu'il y a quantité d'histoires horribles de personnes en souffrance qui auraient préféré
mourir que de souffrir.


Mais pour des raisons personnelles, je suis évidemment contre l'autolyse (parce que décider de sa mort, c'est du suicide, ni plus, ni moins pour moi, et je trouve ça
trop triste de ne plus aimer vivre au point de vouloir s'éliminer)


C'était la minute philosophique du matin :-)